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L’histoire géologique des Alpes durant le Cénozoïque

Les Alpes sont nées au Cénozoïque (ou ère Tertiaire) de la rencontre de la plaque africaine avec la plaque européenne. Suite à leur naissance, celles-ci ont modifié les paysages.

 

À l’Oligocène (-36 à -24 Ma), la phase de forte compression entre ces deux plaques (africaine et européenne) a été poursuivie par une phase de distension qui a provoqué l’effondrement de la Bresse ainsi que la formation d’un large fossé appelé le fossé de Bressan (situé entre la Côte d’Or et le Jura). Ce dernier, alimenté par des cours d’eau descendant des reliefs avoisinants, s’est présenté comme un grand lac à influence lagunaire. Au fil du temps et à mesure de son effondrement, il s’est rempli d’alluvions fluviatiles arrachés des différentes bordures. Cette phase de distension a été également à l’origine de diverses plaines comme celles d’Alsace, de la Dombes, des Limagnes, du bas Dauphiné et de la basse vallée du Rhône. Il faut savoir qu’au tour de la chaîne alpine, les contraintes de compression empilaient les matériaux les uns sur les autres, puis, un affaissement du socle s’est mis en place tout autour de l’arc alpin donnant un sillon périphérique jouxtant la région du Haut Jura, appelé le sillon molassique suisse en Suisse et le sillon molassique de l’avant-pays savoyard en France (situé du lac Léman jusqu’au lac du Bourget). Par la suite, cette dépression s’est remplie de grandes quantités de matériaux alluvionnaires détritiques comme des sables, graviers ou encore des argiles. Ces matériaux ont été arrachés par l’érosion des massifs environnants. Ils se sont ensuite consolidés en conglomérats et en grès à ciment argilo-calcaire appelés molasses.

 

Durant le Miocène (-24 à -5 Ma), la surrection des Alpes s’est poursuivie. Le sillon molassique suisse et l’avant-pays savoyard se sont approfondis et se sont remplis de matériaux détritiques. La mer est revenue depuis la Méditerranée par la vallée du Rhône et envahissait le fossé Bressan, l’avant-pays savoyard et le sillon molassique suisse et a déposé des éléments fins marno-sableux : sables, graviers et argiles.

Molasse sableuse de l’avant-pays savoyard dans le bas Dauphiné (crédit photo : M. Gidon).

Molasse sableuse de l’avant-pays savoyard dans le bas Dauphiné (crédit photo : M. Gidon).

À la fin du Miocène, sous la poussée de la plaque africaine, les couches secondaires qui reposaient sur le bassin alpin se sont détachées du socle hercynien au niveau des couches salifères du Trias et ont glissé. Plissées et découpées régulièrement en petit blocs successifs par les différents mouvements tectoniques, les couches secondaires ont donné naissance aux chaînes subalpines : le massif des Bornes, des Bauges, de la Chartreuse, du Vercors, etc. L’avant de la nappe secondaire s’est enfoncé dans la molasse miocène du sillon péri-alpin et a formé les chainons calcaires qui entourent le lac du Bourget et bordent aujourd’hui le cours du Rhône. Vers -5 Ma, les divers massifs cristallins se sont soulevés. Entre les massifs cristallins et les chaînes subalpines, un sillon profond appelé sillon alpin s’est creusé suite à l’érosion fluviatile dans les couches de calcaire jurassique et ont formé une large vallée empruntée par le cours de l’Isère.

Pour finir, au Quaternaire (-5 Ma à nos jours), les Alpes se sont couvertes à plusieurs reprises de glaciers, en altitude comme dans les vallées. Les deux dernières glaciations du Quaternaire à savoir la glaciation de Riss (-300 000 à -120 000 ans) et la glaciation de Würm (-70 000 à -10 000 ans) ont joué un grand rôle.

Glacier au niveau de l’Argentière-la-Bessée (crédit photo : E. Force).

Glacier au niveau de l’Argentière-la-Bessée (crédit photo : E. Force).

Ces grandes glaciations ont modelé les reliefs actuels de la chaîne des Alpes. Les glaciers ont élargi les vallées des cours d’eau comme le Rhône, l’Arve ou encore l’Isère. Ils ont aussi creusé et approfondi les lacs (lac Léman, lac du Bourget…), déposé des moraines dans les vallées, installé des terrasses fluviatiles le long des fleuves (comme le Rhône par exemple), creusé des cluses (partie d’une vallée, généralement rétrécie, traversant des couches dures, comme un relief, perpendiculairement à leur direction ; la cluse de Chambéry pour exemple). Ils ont également approfondi le sillon alpin, provoqué des éboulements en piémont des reliefs et formé des cônes de déjection à la sortie des vallons empruntés par les torrents.

 

Sitographie

 

Anonyme. Le massif des alpes françaises. In Vins Vignes Vignerons [en ligne]. [consulté le 1 juin 2019]. Disponibilité et accès sur : http://www.vinsvignesvignerons.com/Geologie/Geologie-de-la-France/Le-Massif-des-Alpes-francaises

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